Les techniques

 

Qu’est-ce donc que la terre sigillée ?

Beaucoup diront ne pas la connaître, et pourtant si.
Cette méthode est venue des Grecs des premiers siècles après Jésus-Christ.
Nous avons tous pu voir dans des musées, des émissions ou même des films, ces fameux vases rouges-orangés. Ce sont ces amphores tant appréciées pour la décoration de nos jardins.
Pourtant les pots sont fait d’argile comme n’importe quelle céramique.

La terre sigillée peut être de différentes couleurs en fonction de l’origine : rouge, blanche ou brune. Elle peut également être colorée.

Celle-ci est appliquée par-dessus, de préférence lorsque la pièce est encore crue.

C’est une terre liquide, faite à base d’eau de pluie qui a décanté durant plusieurs jours.

On récupère alors la partie pure de ce mélange. Alors que les impuretés se sont déposées dans le fond du récipient, l’eau constituant la partie supérieure, nous ne gardons que la partie du milieu, soit un tiers du mélange.

 

Pourquoi les Grecs utilisaient cette « engobe » sur leurs fameuses poteries ?

N’ayant à l’époque ni frigo ni congélateur, ils conservaient leurs aliments dans ces célèbres amphores. Les olives, par exemple et autres denrées. La céramique n’étant pas une matière imperméable, c’est en prenant cette terre liquide très pure qu’une meilleure imperméabilité est obtenue à la cuisson par le très fort resserrement de celle-ci, tout en lui donnant un aspect satiné naturel.

Peut être vous êtes-vous déjà promenés dans des champs après des jours pluvieux. Vous aurez sans doute remarqué les ornières laissées par les tracteurs dans les champs. Si vous très observateurs, vous aurez pu voir, une fois la pluie évaporée, les traces d’une couche de boue superficielle d’un aspect crémeux. Et bien c’est comme de la terre sigillée dont la qualité, après cuisson, donne ces résultats assez remarquables.

Rassurez-vous, je ne passe pas mes dimanches dans les champs après les pluies d’orage. Il existe une façon plus simple de s’en procurer : l’enfumage.

 

Il existe plusieurs types d’enfumage, le plus connu étant « le raku ».

Il donne des résultats toujours surprenants, jamais totalement maîtrisés, et c’est bien cela qui fait tout l’intérêt de cette technique.

Les facteurs sont tellement nombreux que les résultats sont toujours surprenants. Ce sont, par exemple, la température extérieure, les objet se trouvant dans le four, leur disposition, la rapidité à sortir les pièces et à les enfumer, l’épaisseur du transparent mis sur la pièce, etc..

Pour commencer, l’objet doit être cuit une première fois à 960° dans un four à cuisson lente, plus ou moins pendant 10 heures, tant pour permettre d’atteindre cette température que pour la laisser redescendre.

Après cette première opération, nous appliquons, soit une préparation à base de cuivre, soit un vernis transparent, soit d’autres recettes spécifiques pour raku.

Ensuite nous recuisons l’objet dans un four à gaz afin de permettre de monter, en plus ou moins 1 heure de temps, à 975°. L’étape suivante consiste à créer, en ouvrant le four, un choc thermique d’une différence de 900°.

La conséquence de ce choc thermique est que le transparent, appliqué avant cette cuisson, craquellera. Afin de pouvoir l’observer, nous enfermons pendant 15 minutes les objets dans des récipients de métal avec un peu de sciure de bois. Une épaisse fumée noire vient alors s’infiltrer dans toutes les fissures créées par le choc thermique.

En ce qui concerne le mélange de cuivre, des nuances de couleurs apparaissent, allant du vert au bleu en passant par le rouge et le cuivre.
L’expérience est très intéressante à vivre, car en peu de temps les résultats sont impressionnants.

L’enfumage de terres sigillées est une technique que j’apprécie particulièrement.

Vous pouvez en voir les réalisations en parcourant ma galerie internet ou lors de mes expositions.

Les résultats font penser au marbre, au granit, à ces pierres nobles aux couleurs chamarrées et bigarrées.

 

L’enfumage se pratique en deux temps.

Premièrement, on applique la terre sigillée. Deuxièmement, après avoir cuit la pièce à 960° dans un four céramique traditionnel, nous appliquons des poudres métalliques de cuivre ou de fer et nous plaçons l’objet, entouré de sciure de bois et de journaux, dans un tonneau métallique percé d’une dizaine de trous.

Nous allumerons, par-dessus, quelques charbons de bois. Dès que le feu a pris, nous couvrons le tonneau d’un couvercle ou d’une plaque métallique. La cuisson prend alors plusieurs heures.

Il m’est arrivé que cela ne dure que 5 heures, mais parfois plus de 12 heures. Là encore, le hasard joue un grand rôle.

Enfin, une fois la pièce sortie et bien lavée, elle sera cirée afin d’être mise parfaitement en valeur.